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MMM—Matthieu Chedid rencontre Martin Parr

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Date / Heure
Date(s) - mardi 4 octobre 2016 - dimanche 29 janvier 2017
10 h 00 min - 20 h 00 min

Emplacement
Cité de la musique

Catégories


À partir d’archives de Martin Parr, Matthieu Chedid alias M a composé une oeuvre inédite pour accompagner le travail du célèbre photographe anglais. Il en résulte une expérience hybride mêlant musique et photographie.

Plongée sensorielle dans la fusion de deux univers bien différents. L’exposition MMM, Matthieu Chedid rencontre Martin Parr, s’installe à la Cité de la musique à Paris. Dans une pièce tamisée, le visiteur chemine entre les projections de quelques 500 photographies d’archives, au son d’une création de vingt minutes composée par Matthieu Chedid, alias M. Le musicien a fractionné son oeuvre musicale. Lorsque le visiteur s’approche d’une photo, il n’entend que l’instrument qui lui a été dédié par M.

Au centre de l’exposition, les premières photographies en noir et blanc de Martin Parr sont alignées sur 29 mètres et illustrées par le son d’un piano. “Car la linéarité et le noir et blanc, cela rappelle les touches de cet instrument classique”, explique Marion Challier, responsable de projets à la Cité de la musique. Dans son cheminement, le visiteur peut s’allonger sur des transats à l’effigie d’hommes et femmes à la plage ainsi que sur des sièges vibrant au son de la basse de Matthieu Chedid. Tout est lié, pensé et réfléchi. Ainsi, comme une déambulation, la nappe sonore est inscrite dans l’espace.

Obsessions multiples


Les photographies aux couleurs très saturées de Martin Parr sont mises en exergue. Reconnu comme un brillant satiriste de la vie contemporaine, le photographe anglais capture avec humour notre société. Mais pour Martin Parr, “ce ne sont pas mes photos qui sont kitsch, c’est le monde qui l’est”. Comme sa série dédiée aux gens qui se prennent en photo, reflétant les comportements stéréotypés d’individus égocentriques. “Mais sa démarche n’est jamais méchante ou malveillante”, précise Marion Challier. Ses nombreuses obsessions comme le vieillissement des objets, les chapeaux ou encore la relation entre les hommes et les animaux, sont ici regroupées en dix séries différentes.

Dualité artistique


C’est la dualité entre le travail du compositeur et celui du photographe qui fait l’originalité de cette exposition. Pour la responsable de projets, “c’est très beau car chacun a fait son travail. Chacun a pioché dans l’oeuvre de l’autre sans chercher à s’influencer. Par exemple, Matthieu Chedid n’a pas essayé de se donner un côté anglais pour se rapprocher du style de Martin Parr”. Mais leur collaboration ne se serait jamais faite si le musicien français ne s’était pas rendu chez le photographe, à Bristol. “Martin Parr ne connaissait pas Matthieu Chedid”, raconte Marion Challier. En découvrant les archives du photographe, il lui vient à l’idée de créer une exposition en hommage à son oeuvre. Cette étonnante rétrospective lui sera commandée en 2015 par les Rencontres d’Arles pour l’église des Frères Pêcheurs. Il en résulte une expérience hybride, associant musique et photographie.

La Philharmonie de Paris souhaite renouveler l’expérience avec d’autres artistes. Le projet est parti d’un simple constat : la photographie rencontre un engouement sans précédent et la musique s’introduit de plus en plus dans les musées. Pourtant, ces deux arts ne sont pas souvent présentés ensemble. MMM est la première exposition de ce nouveau projet.

Texte et photo Pauline Dumonteil